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[syria trip]

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1 [syria trip] le Mar 29 Sep - 21:44

hey les paganizs, comment ca va?

Bon ca score bien sans moi ou suis je lanti chat noir? Ici la syrie se passe a merveille, le pays est bien ouf, et encore assez preserve. La vie a ete rythmee par le ramadan (que jai suivi pour mieux apprendre sur la culutre de quasiment 80/100 des syrien-ne-s) jusqua la semaine derniere. Ma fac est pas dun grad niveau mais, je progresse en arabe tous les jours, cest lessentiel. La je viens de recommencer les cours lundi apres les vacances de laid, et suis en weekend demain midi (eh oui 3 jours de cours par semaine, plus le weekend arabe du jeudi vendredi et les 2 jours de gagne le dimanche et samedi). Je reviens du Liban, je vous file un extrait de mon carnet de voyage relatif au jour de search labas.

ps : Les bars typiques syriens existent et sont bien classe. surtout le lieu au final, plus que la biere qui ressembe a de la flotte (a lamericaine quoi). Leur vin et larak (pastis local) par contre sont excellent. leur rhum est tres special. Il me reste a gouter le whisky et jaurais fait le tour. (je vous rassure, ici cest un peu la cure tout de meme, et les verres dalcool restent occasionnels)

le bonjour a tous les copaings croises a leau, prenez suffisamment de vagues pour moi, en attendant que je me gave cet hiver.
et je paye ma tournee de taxe autorise de ma part sur bout. ihihi

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Troisième jour, le plus attendu de ce trip. Qu'il me semble loin ces deux jours passés au pieu à soigner un sale état grippal. Qu'on m'annonce qu'il faudrait se méfier pour une fièvre corsée et je vous répondrai d'aller ranger vos nouvelles peurs au placard. Je me réveille ce matin avec en ligne de mire cette mégalopole arabe qu'est Beyrouth, et ne ressent aucune fatigue. Guérison miracle? Sans prétention, plutôt une bonne réaction : au programme, zéro médocs. Ce n'est pas JP qui me suivrai sur ce coup là. Et pourtant, c'est que ça marche.

Il l'annonçait depuis mon départ. Quelque chose était censé rentrer sur la côté Libanaise dans la nuit de dimanche à lundi. Habituellement, ce genre d'annonce après un laps de temps flatesque m'aurait semblé bien long. Au tout cas suffisamment pour ne pas en dormir la veille.
Un rituel si habituel. Se coucher peu après le soleil. Essayer de dormir en vain, en imaginant ces vagues qui m'attendent le lendemain. Et ce réveiller au petit matin, anormalement insensible à la fatigue d'une nuit agitée. Chargé la voiture, et y aller.

La liberté que vous pouvez ressentir au volant vers six heures du matin en vous rendant sur une petite plage sélectionnée auparavant, cette liberté là, ne peut pas vraiment être ressenti ce matin. La faute aux voyages en groupe. Cinq potes, un seul surfant. Forcément, votre session doit se négocier bien plus finement.
Et pourtant, j'ai bien réussi mon coup! C'est que les renseignements glanés ça et là indiquaient une possible location de surf en attendant un futur investissement.
Suffisant pour que ce lieu résonne dans ma tête comme étant la clé de mon possible surf au Proche-Orient !

Il est dix heures, et nous venons d'embarquer dans ce service Libanais. Si classique, et à la fois si pratique. Pour Beyrouth, une seule route, la quatre voies côtière. Ce mini-bus bondé de libanais s'enfonce dans cette matinée de voyage bien méritée. À ma gauche, la mer. Et cette ensemble de spots que je suis en train d'observer. Pour sur, j'ai les crocs. Cet état d'excitation s'empare de moi, m'emporte tout entier. Je ne tient plus en place et admire déjà cet ensemble de beachbreaks et reefs à essayer durant mon année.
Cela commence près du stade de Tripoli. Une petite gauche déroulant près d'une digue. À peine cinquante centimètres. Comme pour me dire bienvenu. Ce lieu est venté, mais plutôt abrité une fois collé à cette digue de rochers. Et en fond sonore The Allman Brothers Band qui s'invite dans mon esprit.
Deux mètres sont bien affichés sur les relevés météo. Impossible, il doit forcément il y avoir plus gros. Et ce service qui prend de la vitesse, et fonce dans la montagne côtière. Des reefs se succèdent, plus ou moins propres, plus ou moins gros. De quoi surfer, mais pour la plupart, un peu chaud.

Batroun, ce nom rime déjà avec vagues dans ma tête. Alors quand s'offre à nous en bas de cette magnifique montagne qui s'enfonce dans la mer, cet excellent beach-break protégé de la plupart des vents par une jetée éclairée de nuit, je ne peux que bondir de joie.
Le service avance, et tandis que s'alternent le soleil et la pluie, mon visage tout entier rayonne à l'idée de surfer ces spots pour certains vierges, pour d'autres, quasiment peu exploités. Chekka, encore d'autres beachbreaks. Nous filons vers Beyrouth. Au fur et à mesure, cette côte se replie s'écartant de cette houle de Sud-Ouest. En attendant la capitale...

Oh bien évidemment, même ces quelques spots de cinquante centimètres tous propres feraient l'affaire. Mais surfer un bon mètre ou plus me séduit d'avantage. Et si nous avons pu l'observer auparavant, cela signifie très certainement que le sud de Beyrouth doit être bien généreux en vagues.

Arrivé sur une place. Nous sommes là, cinq touristes en vacances, fêtant l'Aid-el-Fitr gentillement. Moi enfin autorisé à bouffer en journée, sans que l'appétit ne vienne. Une partie de mes amis se restaurent. Pour moi, qu'une seule idée en tête, trouver cette plage beyrouthienne équipée de surf. Je préviens mon ami syrien, sans avoir à convaincre quiconque de se rendre à la plage.
C'est que j'avais prévu mon coup, et recommandé une première partie de journée glande axée autour de la mer. Sans trop de difficultés !

Il m'amène à une première plage un peu en retrait du centre ville. Je me rapproche, à pied, surexcité... Vais-je trouver ce spot ou tomber sur une plage mal exposée? Ce route se bombe, comme pour faire monter la pression, toujours plus. Enfin la première vision de vagues de près. Il y a bien quatre-vingt centimètres, et ce pic paraît plutôt propre. Ok, pas non plus la plus belle vague vue ici, mais tout de même! Il suffirait d'un surf, il suffirait...
La pluie s'invite dans la partie, une seule petite averse, courte, brève. Comme pour annoncer une session à la bretonne. Hum, aucun surf, cela semble assez mort. Et ces rues désertes. On m'avait prévenu, Beyrouth est une ville de la nuit, mais à ce point!
Pour finir, nous descendons sur cette plage, et pendant que les autres hésitent à se baigner ici, j'emmène Yahyah avec moi afin d'obtenir de plus amples infos sur une éventuelle location de surf. Avant cela, une petite explication de ce qu'est un surf à mon ami Yahyah. Morceaux choisis :
 une planche plate, sans voile par dessus, avec laquelle tu prends des vagues de côté et te met debout.
 Ah comme un skateboard?
 Oui voilà, un skateboard des mers. Pour glisser sur la vague.
Il semble connaître le lieu que je recherche. À louer, pas à vendre hein! …......... Oui oui à louer................
Où est-ce? Toujours bien à Beyrouth? Ce sourire et cette affirmation me rassure, et en même temps me rendent aussi excité qu'un gosse allant enfin recevoir ses jouets de noël. Al Nour, ou Al Sour, je ne sais plus trop bien le nom. Il a l'air si sur de lui. Je me sens perturbé, comme si tout cela était trop parfait. Je redécrit ce qu'est un surf, et précise bien qu'il ne s'agit en aucun cas de planche à voile. Oui, oui. Bien ba allons y alors. Il ne reste plus qu'à convaincre les autres.

C'est où à Beyrouth? …......... Au Sud. Je redemande si c'est bien dans la ville de Beyrouth, là encore une réponse positive. Bon ba allons-y à ta plage.
Ma gueule est si peu gênée à l'idée d'exprimer ses sentiments. Je sourit bêtement, comme ces gamins à qui papa vient de dire OUI. Yahyah nous indique qu'il faut prendre le taxi. On préférerait y aller à patte si possible, vu le prix des tacos au Liban. Pas moyen, trop loin. Ok, Let's go !

On se retrouve à la gare routière. Et ce bus de type citadin. OK il devrait y avoir anguille sous roches, mais cette architecture étudiée pour la ville. Pas de doute, ce bus est bien le transport en commun habituel de toute ville à l'occidentale.
1000 livres libanaises, pas cher, pas cher du tout. Autant que le taxis inutile que nous venons de prendre il y a à peine un kilomètre. Bon dieu, ce système de taxis où chaque client paye le prix est si con. Un attrape-monnaie!

Le bus démarre, et déjà accélère le long du bord de mer citadin. Nous nous éloignons, au guère qu'à quelques minutes, pas trop loin.

Nous sommes maintenant près de la grande zone identifiée comme étant la décharge publique de Beyrouth, et venons de traverser les quartiers généraux du Hezbollah. Peu de temps avant, sur notre gauche, le siège d'Al Manar. Et cet ensemble de murs troués, comme ces autres millions de murs troués qui constituent le Liban. Israël s'est apparemment attelé depuis vingt ans à détruire un deuxième pays. Avides de guerres, plutôt embarrassant dans une aussi belle région ! L'ambiance peut paraît lourde, et pourtant nous nous y sentons si bien.

Nous sommes depuis déjà un petit moment dans ce bus. Quelque chose ne colle pas. À moins que Beyrouth soit aussi étendu que Los Angeles, aucune chance que nous soyons encore en ville. Je me tourne vers Yahyah, comme pour avoir des explications. C'est encore loin? Oui il faut encore prendre un deuxième bus au bout de trente kilomètres puis faire encore vingt kilomètres.

Il me sourit à la limite du foutage de gueule. Soit il est complément débile, soit il le fait exprès. Pourtant, on s'était bien compris. J'avoue ne pas comprendre vraiment qu'est-ce qu'on fout là. Mais bon, nous suivons la côte du plus près, sans même prendre l'autoroute un peu plus en hauteur. À ma droite, ce même spectacle qui recommence. Ces beachbreaks prêt de cette décharge ne sont pas praticables. Peu de temps après ce découvre les premières vagues surfables. Et plutôt une très bonne surprise. Environ un mètre à chaque fois, et plutôt bien glassy. Un délice pour les yeux, que je voudrais bien voir concrétiser sur une planche. Cela fait maintenant quasiment une heure que nous roulons. Où allons nous, nous ne le comprenons toujours pas. Ou quand The Search prend une dimension assez spéciale...

Je ne cesse de m'agiter dans ce bus rempli comme à l'habitude. Quelques reefs se dévisagent. Soudain à la sortie d'un virage, un long pointbreak complètement glassy d'un mètre. Et une longue, longue vague. Mes yeux n'en reviennent pas, et ma cervelle chavire vers le bas. Il me faudrait arrêter ce bus de suite, et téléporter un surf sur le champ. Juste impossible...

Nous arrivons maintenant à Saida. Déjà sur les panneaux Tyr. Ok, nous sommes déjà bien au sud, et ce temps, cette région et ces gens magnifiques n'enlèvent en rien notre interrogation principale : pourquoi Ici. Nous souhaitions faire ce coin le lendemain, apparemment Yahyah en décide autrement on dirait.
Nous sautons dans le second bus. Et repartons sur la route. Le décor toujours le même : des paysages à vous couper le souffle, des reefs et beachbreaks plus ou moins prometteurs, des odeurs qui vous prennent aux tripes (comme cette rue remplie de restos à barbecue traversée auparavant), un bus bondé et agencé d'une manière bien arabisée.
Ces vieilles banquettes des années soixante, ces personnes dans l'allée s'installant sur des sièges de fortunes, ce gamin ou jeune homme se chargeant de recueillir les voyageurs sur la route,... Un classique devenu mon moyen habituel pour me véhiculer.

Nous sommes partis de Beyrouth il y a bien une heure et demi, ou deux heures, je ne sais plus trop bien. Peut-être trois. Un seule notion, ce chemin est bien long.

Enfin nous touchons but. Sur ma droite, ces vagues se sont rétrécies de manière quelque peu inquiétante, un peu à mesure que le bus ralentissait finalement... Un panneau : Tyr. C'est le problème principal de ce pays. Ayant longtemps fricoté avec l'Occident, ces panneaux sont écrits en occidental et en arabe. Un mauvais plan pour que vos yeux lisent les indications arabes ! Qu'importe, maintenant ! Nous sommes à Tyr, nous souhaitions voir cette ville injustement bombardé il y a seulement quelques jours à la suite d'un tir de roquette vers Israël. Un acte de résistance comme un autre. Pour l'occident, un acte terroriste de plus...

Terrorisme, la guerre des pauvres. Peu de gens se souviennent de cela, et pourtant ce mot galvanisé désigne bien qu'un moyen assez rustique de batailler. Ou quand le manque d'argent empêche toute bataille rangée...

Ce coin est celui du Hezbollah, et cela se voit. À ce stade de la lecture, vous vous attendez à ce que je vous décrivent des rues remplies de barbus en djellabah, accompagnés de femmes voilées marchant la tête baissée derrière ces messieurs. Et ces indications des puissances occidentales à éviter cet endroit ne vous mettent pas sur le bon chemin.

Ok, il y a effectivement un climat quelque peu guerrier. Le hezbollah? Non simplement les chars de l'ONU roulant sur la route à l'entrée de la ville. AU final, à comparer avec les centaines de checks points sur les différents axes de circulation libanais, bien peu de choses.

Ces habitants ne sont pas beaucoup plus religieux qu'ailleurs. Peut-être plus de voiles, et quelques nikabs. Mais durant ces quelques heures passés dans ce petit Hezbolland, pas même une burka. Ou quand les clichés sont démolis à grand coup de pied...
Nous débarquons sur la croisette locale. De nombreuses filles y exhibent leurs beautés généreuses tandis que les garçons zonent comme pour attendre l'amour qui ne vient pas ! Des militaires sont postés à certains endroits dans les rues. Un moyen comme un autre de montrer qu'ici encore, il y a tout juste deux semaines, Israël répondait à deux tirs de roquettes par cinq obus. Plutôt chanceux par rapport au ratio habituel un israëlien tué/mille arabe tués.

Je commence à sérieusement flippé. Cette putain de croisette est aussi flat que la rade de Brest par beau temps. Les planches n'ont pas l'air présentes, et bien qu'assez ouvert, le Sud ne m'avait pas été décrit comme LA région du Liban réceptive au surf.
Nous nous baladons dans cette ville, vers le port, pour manger un chawarma. Entre temps, Yahyah m'a rassuré en me parlant de sa plage plus au sud, celle qu'il connaît. Nous passons devant la prison de Tyr, un bon épisode folklo avec cet indic' du parti qui nous regarde défiler. Sans se douter que leur action ne nous semble pas entièrement mauvaise...

Nous venons de nous remplir le bide, dans cette ville vidée de ces touristes et bien plus agréable à visiter. Nous voilà en route vers le Sud. À pied, pour profiter. Comme à leurs habitudes, des gosses avec de fausses mitraillettes ou kalach nous braquent, comme pour nous montrer qu'ils sont prêt. Une scène classique au Liban, à laquelle nous nous sommes déjà habitués en seulement trois jours.
Nous nous engouffrons dans des petites ruelles au charme méditerranéen évident. En devanture sur certains bâtiments, des écriteaux phéniciens. Il faut dire que si un peuple peut bien revendiquer son côté phénicien, c'est bien celui du sud-Liban.
Soudain, un énorme son d'explosion. Merde, c'est quoi ce bordel me dis-je dans ma tête. Ces gosses courent, le temps pour moi de comprendre qu'ils aiment jouer avec les pétards. Après le festival de Maaloula en Syrie et le même spectacle à Tripoli, je saisis au final assez vite...
Enfin nous retrouvons une côte plus exposée. Un peu trop même. Ces reefs à secs sont quelques peu brouillons. À essayer plus propre... Sur cette route côtière, une voiture passe et repasse à fond, discours de Nassrallah sur fond de techno en piste musicale. Ambiance...

Je prends vraiment goût au sud-liban, et si passé quatre heures maintenant, je commence à comprendre que ma session surf se savourera dans mon cul, je ne regrette pour autant pas ma journée. Je viens de découvrir une région magnifique coincée dans cette belle vallée, et compte bien retourner dans ce coin un peu paumé.

Nous marchons tranquillement. Une voiture baisse sa vitre, à l'intérieur, des vieux français en vacances cherchant un site archéologique. Nous leur indiquons le chemin. Quelques mètres plus loin, ces militaires nous voient nous enfoncer dans une petite rue déserte. Ce petit bonhomme de militaire se déplace et charge sa mitraillette derrière nous. Apparemment, il se fait chier dans cet endroit et exprime le besoin de se divertir sur les rares passants se baladant par là. On s'en fout complètement, il le comprend, et retourne à son poste tout tranquillement.
Une deuxième croisette dans cette ville. Et un peu plus de vagues, mais rien de folichon. Je dois parler à Yahyah. Où est ta plage avec des surfs?.......Ah, mais je n'ai jamais dit qu'il y avait des surfs à louer. J'en sais rien, j'ai vu une fois des types surfer là........Putain il m'a emmener dans cet endroit en me faisant lorgner une bien bonne session après un mois sans, et m'avoue à l'arrivée qu'on s'est déplacé pour que dalle. Là je perd les pédales. Soit je gueule, soit je fais la gueule. OK deuxième solution, c'est plus docile comme position et moins prise de tête. Je vous jure, là je suis prêt à me barrer loin de ce type. Il m'avait promis une bonne session de surf à coup de Antoine is gonna surf today et de retournement de tête à chaque vague en disant it's good man, you will have surf. Pour à l'arrivée me dire qu'il en savait que dalle!!!

Là ca tourne à la débilité profonde. Quel intérêt à cela? Surtout que ce n'est pas la première fois du séjour qu'il nous mène en bateau. Ou comment perdre confiance en un nouveau pote...
Les autres bien qu'en ayant rien à battre du surf sont tout autant dégouté. Être pris pour un con, il n'y a pas pire.

Et la scène continue, maintenant après confirmation par quelques discussions en arabe et anglais avec les habitants, il s'agit de choisir la plage. Pour moi, cette plage publique au milieu de la ville fait l'affaire. Un bon soixante dix centimètres sur les plus grosses, quasi tubulaire, et propre, le tout dans une eau bleue cristalline, de quoi se faire plaisir en bodysurf, à défaut de trouver une porte.

Et non, c'est que cette plage privée à côté loue des jets-skis. Là c'est officiel, on a vraiment bien pioché le meilleur. Allez, on a qu'à aller à sa plage de merde, et payer comme des couillons friqués...

Nous y rentrons sans payer, pas d'accueil, juste un grand centre hotelier. Pour finir, cette séance plage se révèle assez marrante. Entre ces maîtres-nageurs qui vous virent de la zone où les vagues déroulent (forcément, l'eau vous arrive déjà au torse, un coup à se noyer mon ptit gégé) et cet épisode de Kamel imitant la-mouche-qui-pique sur une libanaise marchant sur la plage, nous avons notre lot d'amusement, et ressortons gratos lorsque la nuit pointe le bout de son nez.

Il ne nous reste plus qu'à prendre un bus vers Beyrouth, voir une dernière fois la ville, dormir chez notre pseudo-ami et repartir de Tripoli demain matin. Car c'est décidé on se barre, on en a marre de ce crétin !

Le même type de bus, et ce chemin en sens inverse, de nuit. Le Liban est magnifique et la nuit imprime son ambiance magique. Le sac entre les cuisses, serré entre deux rangés, au milieu de l'allée (ayant cédé ma place à une mère voilée et ses enfants, ainsi que ma seconde place à un couple pratiquant ne souhaitant pas être séparé), j'apprécie ces instants que l'on ne peut oublier.
Les voyages forment la jeunesse, une route que je traverse... Kamel vient de me prêter son baladeur, et j'y trouve ma came habituelle. Un petit Surrealistic Pillow de Jefferson Airplane pourra m'accompagner tout au long de cette route longue de plus de deux heures et demi. Avant le retour à la maison...

Mais aussi avant cette vue du Beyrouth chic qu'on confond avec un faux 1er arrondissement de décor Walt Disney. Beyrouth est surement beau, mais à découvrir lors d'un prochain trajet. Sur le chemin vers Tripoli enfin, une belle rencontre qui clôture quasiment notre séjour. Un petit vieux parlant français qui nous expose ses points de vue sur la politique Libanaise, sur la Syrie que nous faisons notre, et sur tout un tas d'autres choses... C'est la première personne arabe avec qui je parle vraiment en français.

Nous sommes à Tripoli, c'est notre dernière nuit au Liban, et je souhaite déjà y retourner, tel un camé qui réclame sa dose d'opiacés.
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Le réveil fut matinal, mais nous quittâmes cet appart pourtant bien charmant sans regrets. Dernier détail technique, se barrer de cette ville.
Yahyah dans un dernier accès d'hypocrisie nous indique qu'il sera difficile de trouver des bus vers Beyrouth en ce jour d'Aid. Encore un autre mensonge, en témoigne cet abordage de chauffeur de bus me criant Beyrouth trois minutes après cette fausse indication.
Les autres en ont juste marres et lâchent l'affaire. Vas pour Homs en passant par le Nord, et de là stop. Je suis pas du même avis, mais tant pis.

Notre taxi file sur la côte nord, sans que je vois vraiment le bord. Les vagues sont-elles encore là?
Soudain, je débarque au poste frontière. À la gauche de la route, se découvre la mer. Mais il devrait pas y avoir d'eau au poste frontière qui va vers Homs. Encore une arnaque de Yahyah, décidément, c'est un collectionneur. Mon esprit saisi enfin. Nous sommes près de Tartous (NB : ce spot vierge mériterai la discrétion, mais sa situation empêche par défaut un quelconque remplissage du spot ).

J'avais étudié les cartes, et repéré une possible vague ici même entre le Liban et la Syrie, à l'embouchure de cette rivière qui sert de frontière.

Le temps de remplir ce foutu papier aux Libanais, et de filer mon passeport et me voilà filant vers ce grillage vu sur mer. Je sens l'adrénaline monter. Et si je découvrais une énorme vague. Et si ce spot était tout bonnement phénoménal?
Je tourne derrière ce bâtiment, et découvre la scène...
Je suis sur le cul. Que ça soit plutôt bon, je le pensais possible mais alors ça ! Ce petit fleuve se jette dans la mer, et au devant, une vague, très creuse, propre, très propre, et longue, très longue. Elle ne doit pas faire plus de cinquante centimètres, peut-être légerment plus. Et pourtant, qu'elle est déjà longue. Le pic se situe pile entre les deux pays. D'un côté, une petite droite vers le Liban, sans grand intérêt. De l'autre, une magnifique gauche à deux sections, la première est très tubulaire puis, le temps d'accélérer pour éviter que l'épaule se casse sur vous, vous voilà sur cette deuxième section bien glassy et bien longue. Seulement un lendemain de houle, et pourtant déjà si parfait. Une vague qui doit bien faire deux cents mètres. Devant, ces pécheurs tranquillement installés avec leur canne à pêche, ce grillage et ce poste frontière rajoute à ce spot un cachet indéniable. Seul problème et non des moindres, cette zone est bien évidemment interdite d'accès et non prenable en photo !

Je reste planté là pendant un bon quart d'heure, à étudier cette vague, et à m'imaginer dessus. Je peux déjà sentir cette sensation de liberté, tout juste en ce poste frontière,là dans cette eau, et je regrette qu'elle me soit inaccessible. Pour moi un défi, réussir à choper une autorisation pour la surfer dans l'année !

Je remonte dans ce taxi, passe ce pont, repoirote du côté syrien et quitte enfin le Liban. Un bon cadeau de départ, et des souvenirs pleins la tête... Je sais maintenant que le Liban est un pays au potentiel surf inexploité, et compte bien en profiter pour me gaver cette année !

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2 Re: [syria trip] le Mer 30 Sep - 8:54

PASSIONANT.

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3 Re: [syria trip] le Mer 30 Sep - 15:47

hey ça fait plaiz d'avoir de tes nouvelles.Bon courage pour te choper une board.C'est clair ca doit pas etre evident.Sympa ton carnet de voyage, j'ai pris plaiz a le lire.Amuse toi bieng!!!!

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4 Re: [syria trip] le Mer 30 Sep - 17:23

yeah man sa fait plaisir d'vaoir des news!

carrément simpa comme trip!

faut vraiment que tu chopes une board bounce

aller a plus! cheers

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5 Re: [syria trip] le Mer 30 Sep - 21:27

hey les gaziers,

bon merci pour vos commentaires, si certains sont interresses, le carnet est deja plutot rempli, demandez moi en MP !

Globalement, pour le surf, ca devrait le faire. Une bonne copine a moi habite beyrouth pour lannee, jai ladresse des 4 shops qui vendent des surfs (entre le rayon planchou et plongee Wink ). Donc le plan sera simple, tous les jours je consulte les cartes, le jour ou ca rentre, je suis en 2h30-3h sur beyrouth, je laisse ma planche dans son appart et nest plus qua chopper la bard pour aller surfer. Avec ca, ca devrait suffir pour scorer. Des photos trainent du spot de tyr et de beyrouth, pour le reste, pas encore, et de toute maniere, je crois que je vais profiter dune bonne houle pour tester ces 3,4 spots qui sont restes dans ma tete.

Reste la frontiere, et la ca sera chaud, mais les potes syriens pourront aider!

profitez bien, je redonne des nouvelles bientot jespere ! (tout depend de la mer mediterrannee, mais avec lautomne qui arrive, ca va commencer a rentrer plus souvent)

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6 Re: [syria trip] le Jeu 1 Oct - 10:12

Un régal, super !

J'ai vraiment adoré !

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7 Re: [syria trip] le Jeu 15 Oct - 18:49

Slt ewan!
Vraiment sympa ce petit récit de ton trip le long des côtes libanaise!!! Smile
J'ai bien aimé le coup du "skateboard des mers"!!C'est assez difficile à croire!! Shocked
Profites en un max,a toi les line up vierge!!!
cheers cheers

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8 Re: [syria trip] le Ven 16 Oct - 6:57

Je viens de réaliser que libanaise était un anagramme de balinaise... voilà c'est tout.

Enfin non pas tout à fait : Ewen continu à nous faire rêver ! j'adore tes récit et les récit de sessions fantasmées qui n'arrivent pas font complètement partie de la culture surf je trouve, ça nous est tous arrivé au moins une fois de fantasmer devant un spot hypothétique !



Dernière édition par fredTST le Ven 16 Oct - 6:58, édité 1 fois (Raison : orthoghraphe encore et toujours....)

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9 Re: [syria trip] le Mer 3 Fév - 19:59

Demat, Braw eo an amzer? glaw ar ra, hiziw e Syria !

Depuis le temps, je crois que la, ca frisait le scandale, donc voici un petit exrrait de carnet, ecrit a l'instant. Pour le surf, chou blanc, qui est finalement autant du aux caprices de la mediterrannee qu'aux peu de weekend disponibles pour filer sur le Liban.

Premiere partie aujourd'hui, et d'ici peu, deuxieme plus surfistique !

Deux mois, voilà donc deux mois que cette expérience n'a pas été posée mais ce soir, comme un sentiment. IL EST TEMPS. Pourquoi maintenant? Allez savoir !

Car il y est des sentiments qui ne s'expliquent pas, sur lesquels aucun mots ne peuvent se mettre. Et pourtant tant de choses explorées, tant de ressentis différents, tant de changement. À ce stade, le pari est réussi. Le voyage m'aura apporté, beaucoup, vraiment beaucoup.

Je sors de mon appartement. Ce matin, six heures et demi, j'admirais le levé de soleil sur la vallée supportant les montagnes du monastère de Mar Moussa. Il est 19 heures et je ressent le besoin de me balader. Une impression habituelle en revenant de ce lieu, comme si la ville dans toute sa grandeur m'étouffait, patiemment, afin de m'avaler tout entier. Je me perds dans les ruelles, la nuit rôde, et l'agitation se réveille. Des magasins trônent entre diverses bâtisses des années soixante-dix. En devanture, ces mêmes lumières éblouissantes, et toujours ce sentiment de jeunesse. Djis El Reis, il me faut rejoindre ce pont. J'avance de plus en plus rapidement, et ces syriennes m'aveuglant, comme fasciné. Charlan est un quartier en expansion, l'endroit où il faut être en ce moment, pour saisir cette Syrie nouvelle qui se construit. Je l'atteins enfin. Le Pont qui démarre, après un slalom entre les voitures filant à toute vitesse dans les rues de Damas. Lorsque vous y arrivez de nuit, ce même décor. Des voitures venant de la même direction, et ces passants des deux côtés de la route, filant sur ses larges trottoirs. Un pont tout ce qu'il y a de plus banal, aussi peu travaillé que celui de l'Arteloire.

Ces nombreux syriens me dévisageant, moi, gueule d'européen, quelque part entre la face d'un anglais et d'un allemand. Moi, ce breton, cheveux dans le vent, filant droit, connaissant son chemin, chez lui en quelque sorte...Et pourtant, ce visage qui ne peut leur être familier. Ces pattes, bien plus longues que la normale, ces cheveux bien plus longs que la normale, et cette absence de gel, bien plus occasionnel que la normale. Et pendant que je marche, ces vendeurs de nuit, un des nombreux visages de la Syrie. Stand cigarettes, petit feu dans un bidon pour réchauffer celui qui le tient. Vente de gants, posters,... Les petits boulots sont nombreux !

Je m'arrête. Au dessous de moi, la route, cette grande et longue route, déversant son flot continue de voitures. Côté gauche, une succession de phares jaunes, côté droit, une ligne rouge. Et cette vision d'une immense ligne droite perçant la ville, s'en allant jusqu'au lointain, là-bas, vers ces mini gratte-ciels. Une immense ligne droite de voitures, que le regard fini par oublier pour n'y voir plus qu'une ligne jaune et rouge. Cette image des mégalopoles. Une photo qui pourrait être prise à Los Angeles, Tokyo ou Rio. À gauche de ce grand boulevard séparé par des palmiers, un jardin. Un magnifique jardin où en journée, de nombreux syriens viennent-y flâner. Là de nuit, merveilleux, avec ces effets de lumières surgissant de la pelouse. Et le Four Seasons, cette hôtel trace de l'impérialisme américain, une présence qui marque la ville, une tour immense comme sortant de la pelouse du jardin. Un arbre qu'on aurait génétiquement modifié, jusqu'à dégénérescence.

À droite du boulevard, Al Barada. Al Barada, non, pas la bière mais bien ce fleuve mirage. Je me souviens, moi arrivant par grosses chaleurs, et ce lit de rivière fantôche puant les carcasses d'une société capitaliste qui rejette son surplus.
Aujourd'hui, la ville se reflète dans ce miroir, floutée par le courant de la rivière. Certes peu de profondeur, mais un sentiment de beauté, et d'infinité. Cette eau, au milieu de la ville, dans cette oasis du désert, à environ 700 mètres d'altitude. Songeant au cycle de la vie. Comme pour me signifier que tout y prend sens. Comme un cycle traçant son cercle, ni début, ni fin. Juste cette eau !

Sur ses côtés, un début de chantier, peut-être des quais qui s'aménagent. Là dans la nuit, ces travailleurs réunis autour d'un feu, que l'on aperçoit à peine, après un effort de concentration visuelle. La vie semble si logique, tout à coup.

À quelques mètre de là, plus à droite encore, une vieille mosquée byzantine, entourée par les coupoles du souk des artisans. Et moi, face au vent, le visage glacé par cet air frais qui vient de l'Est, admirant cette vue. À quelques mètres de moi, un escalier, un accès vers ce qui fait de ce pont un lieu bien connu de Damas : sa station de services, ces mini-bus servant de transport en commun. Pour dix centimes d'euros environ, un accès à cette immense Damas. Entre les pylônes, alors que je descends ces marches, ces interminables couloirs bordés par des trottoirs. En leur centre, des files de mini-bus, tous plus ou moins identiques. J'y reste un petit moment, et repense à mes diverses péripéties en Syrie... avant de faire demi-tour, et de contempler le pont vu du dessous. Pour beaucoup, une vue qui s'apparenterait au tiers-monde, avec ces piliers de béton et cette escalier tout décrépi, surplombant une petite rivière qui ne vous invite pas à la baignade, et ces centaines de visages, autres...

Oui, je suis chanceux. Bien loin de moi l'idée de me dire que né à l'Ouest, ma vie est plus belle. Non, rien de cela. Juste chanceux de pouvoir admirer la diversité de notre monde, tout en y comprenant qu'au fond, ici ou là, la même vie, à quelques détails près. Et quelque part à des milliers de kilomètres, sans doute des familles attentant sagement la grande messe télévisuelle de vingt heures, ne comprenant pas vraiment, ne cherchant pas, se contentant d'une douce mélodie qui endort, celle qui vous ancre dans votre petit confort. Il serait si facile pourtant de leur ouvrir quelques clés de compréhension, là, tout simplement, par le voyage, sans même y mettre un quelconque concept abstrait. Et pourtant, non, la haine se répand contre cette région du monde, stéréotype à l'appui. Des échos désolant, qui sont autant de moutons égorgés dans la baignoire...

Par ou commencer... C'est qu'il y a tant à raconter depuis deux mois.

Comme cet épisode ratée d'une mission surf au Liban. À un bien bel épisode, triste sur l'instant, mais qui me fait aujourd'hui bien sourire.

Comme d'habitude, pour les faineants, desole pour la longueur !

Anton ar pagan !

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10 Re: [syria trip] le Ven 5 Fév - 6:21

Belle plume.

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